S’inspirant des glaces morcelées du Saint-Laurent et des vagues impétueuses se cassant sur les côtes de Terre-Neuve, Eveline Boulva articule conceptuellement, esthétiquement et philosophiquement Dérive V autour de la notion de « fragmentation ». La glace, incarnant à la fois le symptôme et l’emblème de la crise climatique, se fait ici le puissant symbole de l’impact de l’action humaine sur les paysages naturels. À travers ses œuvres, l’artiste trace un parallèle visuel saisissant entre les glaces du fleuve, dessinant des constellations immaculées se détachant sur le bleu profond des eaux et le ciel nocturne étoilé. Cette métaphore existentielle qui nous happe évoque le sentiment d’impuissance vertigineux que suscite la crise climatique et la vulnérabilité du chaos.

Eveline Boulva, Dérive V, 2025, Aquarelle sur papier marouflé sur panneau composite, triptyque composé de 3 œuvres de 91,4 x 101,6 cm chacune