Fort de plus de cinquante ans de carrière, Gilles Mihalcean est une figure majeure de la sculpture au Canada. Dans les années 1980, il joue un rôle déterminant dans le renouveau sculptural au pays et exerce une influence durable sur plusieurs générations d’artistes.
Dans Sculptures, les œuvres se déploient comme autant d’allégories visuelles à déchiffrer. Issues d’assemblages d’objets du quotidien associés à des éléments scientifiques, technologiques ou cosmiques, elles forment un ensemble énigmatique. Entre le contingent et l’ontologique, le terrestre et le céleste, l’être humain et l’espace, ces constructions stimulent l’imaginaire et ouvrent un vaste champ d’interprétations philosophiques, spirituelles, mais également affectives, sociales et politiques. Les préoccupations existentielles de l’artiste dialoguent avec des références à la culture populaire québécoise, invitant à une méditation sur la nature humaine, le sens de la vie et notre place dans l’univers.
Tête de Robert Lepage illustre parfaitement cette démarche. Dans le sillage de sculpteurs avant-gardistes tels que Constantin Brancusi et Jean Arp, Mihalcean revisite la tradition académique du buste sculpté et rompt avec la figuration mimétique pour proposer, en guise d’hommage, une représentation subjective, poétique et symbolique de Lepage.
Reposant sur un socle, l’élément principal, une forme semi-sphérique en bronze, évoque une boîte crânienne en référence au génie créatif et visionnaire de cet artiste. Sa surface, constellée d’aspérités rappelant des cratères, renvoie quant à elle à son œuvre emblématique: La Face cachée de la Lune.
Par ses assemblages, Gilles Mihalcean inscrit sa création dans une tension féconde entre l’intime et l’universel, le contingent et l’existentiel.


