Chiguer art contemporain vous invite à découvrir l’exposition La triste opacité de nos spectres de Laurent Craste dans notre espace montréalais. Dans ce nouveau corpus, le céramiste renouvelle sa tactique d’appropriation des archétypes historiques de la porcelaine des XVIIIème et XIXème siècles.
Si on reconnait toujours ses vases fétiches dans ces nouvelles sculptures – les modèles du vase Médicis, du Cordelier ou encore du vase fuseau sont toujours bien identifiables – l’approche tout comme le discours sont nouveaux dans la pratique de l’artiste. Pas d’interventions violentes ni de détournements subversifs des décors comme dans ses corpus précédents, mais des assemblages et des associations suggestives, des poses évocatrices, et aussi une nouvelle couleur prédominante, omniprésente : le noir, antinomique de la porcelaine, le matériau de prédilection du céramiste. C’est ce noir, si brillant et translucide, laissant transparaitre les saillies structurelles et les motifs en relief, qui donne aux œuvres cette lueur spectrale.
La noirceur formelle des pièces s’accompagne d’une certaine gravité du propos, avec l’évocation de la violence et des tensions identitaires qui imprègnent nos sociétés, ou encore la pure mélancolie. Pourtant, rien de sinistre dans ces sculptures desquelles ressort toujours l’élégance du classicisme. Aussi faut-il souligner les nombreuses références à la poésie, d’abord à celle de Mallarmé, dont le titre de l’exposition est tiré, mais aussi à Baudelaire ou encore Saint-John-Perse. Dans les Portraits de l’artiste en chauve-souris, dans le Vase au mal de fleurs ou encore les troublants Pour pleurer une enfance, on perçoit l’ombre des poètes.
D’origine française, Laurent Craste vit et travaille à Montréal depuis plus de 25 ans. Sa recherche est centrée sur l’exploration conceptuelle des multiples strates de signification des objets décoratifs, dans leurs dimensions sociologiques et historiques, mais également idéologiques et esthétiques. Cette approche s’incarne dans une réappropriation des archétypes historiques de la céramique qu’il emploie comme matériau pour remettre en question le statut de l’objet de collection qu’il considère comme un révélateur social, un « porteur de signe ».
Son travail fait partie des collections du Musée des beaux-arts de Montréal, du Musée La Piscine – musée d’art et d’industrie André-Diligent en France, d’Everson Museum of Art aux États-Unis, du Musée des maîtres et artisans du Québec, de la Art Gallery of Burlington, du Musée Bertrand, de Claridge, des Affaires mondiales Canada, de Tom Thomson Art Gallery, de La Ville de Montréal, de Tourisme Montréal, du Cirque du Soleil, de Loto-Québec, de Collection Majudia ainsi plusieurs collectionneurs privés au Canada, aux États-Unis et en Europe.






