Isabelle Lapierre est une artiste multidisciplinaire dont la pratique repose sur l’assemblage et la transformation de matières, d’objets et d’images récupérés. Son travail explore les liens entre des éléments de différentes natures afin de remettre en question les frontières qui structurent notre perception du réel. Influencée par une conception élargie de l’écologie – comprise comme l’étude des relations entre les êtres, les matières et leurs milieux – elle privilégie le bricolage, l’expérimentation et la réutilisation. D’une œuvre à l’autre, les matériaux et formes déjà employés peuvent être récupérés, réassemblés ou transformés pour nourrir de nouvelles créations.
Sensible à l’agentivité des éléments qui composent son processus créatif, elle envisage sa pratique comme une forme de magie où interagissent matières, imaginaires et gestes de transformation. Son travail investit ainsi l’espace ambigu entre le monde concret et la représentation, en jouant avec les codes de la culture magique populaire et des objets du quotidien. Entre sérieux et autodérision, ses œuvres cherchent à faire émerger de nouveaux sens, brouillant les hiérarchies et les catégories établies.
Isabelle Lapierre détient une maîtrise en arts visuels de l’Université Laval, pour laquelle elle reçoit le prix René-Richard (2022). Artiste « tout terrain », elle évolue dans le milieu des arts visuels depuis plus de 15 ans. Son parcours compte de nombreuses expositions solos et collectives, ainsi que différent événements au Québec et en France. Certaines de ses œuvres ont pris place dans l’espace public : Séance Wifi DIY (La Bordée/Ville de Québec, 2024-2025) et Gris comme un feu de Bengale (Art Souterrain/Ubisoft, 2023). De 2009 à 2014, elle se joint aux Fermières Obsédées, un collectif dont les performances sont diffusées au Canada et à l’international. Elle est cofondatrice du collectif B.L.U.S.H.— qui s’investit depuis 2015 dans la création d’œuvres performatives présentées au Québec et à l’étranger — et de Filles du désordre, un duo formé en 2025, qui se consacre à la création d’installations. Ses œuvres font partie des collections de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), de la Ville de Laval, de la Ville de Montréal, d’Ubisoft Montréal, et du MAADI (Le Musée d’art actuel / Département des invisibles, œuvre commissariale performative et conceptuelle de Stanley Février)