Chiguer art contemporain est heureux de présenter Fleurs et feux – Les petits désastres, la première exposition individuelle de Gabrielle Lajoie-Bergeron avec la galerie.
Dans ce corpus, l’artiste explore les seuils et les zones liminales où se superposent des états émotionnels parfois contradictoires. À l’image de danseuses en équilibre sur la pointe des pieds, conjuguant liberté et tension, ou encore de fleurs sauvages surgissant des fissures du béton, les œuvres évoquent des formes de coexistence fragile.
Fleurs et feux – Les petits désastres se nourrit d’expériences où la réalité se fissure, où quelque chose se rompt et oblige la vie à se réinventer, même au cœur du désastre. Les recherches récentes de Gabrielle Lajoie-Bergeron s’attachent à cet entre-deux, un espace de perception en suspens où les images apparaissent à la lisière du visible et du sensible.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de ses explorations autour des rites de passage et de la fête, dans une approche désormais plus intime et dépouillée. Le feu, les natures mortes et certaines iconographies anciennes y côtoient des éléments plus délicats, tels que fleurs, papillons et silhouettes effacées, autant de traces d’un état difficile à cerner.
Par une approche féministe, la pratique de Gabrielle Lajoie-Bergeron interroge les notions de territoire et d’appartenance. À travers la peinture, le dessin, la sculpture, la broderie, ainsi que par l’intégration d’objets collectés ou offerts et de fragments textuels, elle remet en question les découpages et les interprétations du monde, du corps et de l’histoire. En travaillant les codes normatifs liés aux archétypes de la figure féminine, elle révèle comment une même image peut être à la fois vecteur de domination et espace d’émancipation.
Dans Fleurs et feux – Les petits désastres, cette tension se déplace vers l’intime : les formes fragiles, les objets modestes et les images en suspens deviennent les lieux où se rejouent ces rapports de force, à une échelle sensible et personnelle.
En filigrane, un regard tendre se pose sur ces objets que l’on porte avec soi et qui, dans le chaos, deviennent des points d’ancrage. Des objets modestes, chargés d’une valeur presque magique malgré leur apparente insignifiance : une breloque héritée, un cierge allumé dans l’espoir d’une guérison, une fleur séchée. Autant de gestes discrets, de reliques personnelles. Le travail interroge ce moment de bascule où l’objet quitte sa fonction pour devenir talisman, investi d’une force symbolique qui excède sa nature.
Gabrielle Lajoie-Bergeron vit et travaille entre Baltimore et La Malbaie. Détentrice d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal, elle a reçu plusieurs prix et bourses, dont la bourse Plein sud. Son travail a été présenté au Canada, en Europe, en Argentine, aux États-Unis et en Afrique.